Mahler : symphonie n°3 à l'Opéra Bastille

Mezzo-soprano : Michaela SCHUSTER
Direction musicale : Philippe JORDAN

1er cor solo : Misha CLIQUENNOIS
1er cor assistant : Gabriel DAMBRICOURT
2eme cor : Jérôme ROUILLARD 
3eme cor : Nicolas JOSA
4eme cor : Sébastien LENTZ 
5eme cor : Eric VERNIER 
6eme cor : Antoine MORISOT
7eme cor : Pierre MORAGUES 
8eme cor : Camille LEBREQUIER

Réservations : https://www.operadeparis.fr/saison-18-19/concert-et-recital/gustav-mahler
 

Haut les Cors à l'Opéra de Paris !
Le palais de Bastille a ce soir résonné d'une magnifique IIIe symphonie de Mahler.

 

 

Une lecture lumineuse de Philippe Jordan, loin de certaines lourdeurs germaniques ou anglo-saxonnes qui ont pu être encouragées par les dimensions de l'œuvre, a permis à ces presque deux heures de musique (dont on a pu deviner qu'elles font trembler plus d’un musicien de l'orchestre de l'opéra) d'être particulièrement applaudies.

 

Légère, brillante et tendre, cette facture osée a permis de mettre en valeur, bien au-delà de la force élémentaire qui rugit dès les premières mesures, les textures délicates et les combinaisons variées du Naturlaut et de cette distance au monde chers à Gustav Mahler, dans un parti pris d'élégance, de poésie et de belles sonorités, jusqu'en son grandiose final.

 

Emmené par un Misha Cliquennois impérial dans ce redoutable morceau de bravoure pour notre instrument - lire la série d'articles de La Revue du Corniste n°111, 112 et 113 L'Art de Gustav Mahler pour le Cor par Benjamin Garzia - le pupitre de cors a offert une sonorité ample, mais déliée, parfaitement assortie au jeu de l'orchestre, lui conférant un relief et un lustre bienvenus.

 

Le Cor solo de l'Orchestre de l'Opéra de Paris était solidement épaulé par Jérôme Rouillard, Gabriel Dambricourt et un pupitre présentant globalement une belle homogénéité et une articulation parfaite des nombreux passages.. L'équipe réunie pour l’occasion a ainsi porté haut les couleurs de notre instrument.

 

Cette interprétation recélait dans une belle continuité plusieurs moments de grâce, comme par exemple le délicat solo de trompette en coulisse du deuxième mouvement (écrite pour le cor de postillon) par Marc Geujon orné fort justement par les cors, ou la plénitude du dernier mouvement des cordes. Le Mezzo-Soprano Michaela Schuster, la maîtrise des Hauts de Seine et le Chœur d'enfants de l'Opéra ont couronné la pièce en complétant finement dans le cinquième mouvement l’évocation de l'univers du Knaben Wunderhorn (invité dans l’œuvre depuis le troisième mouvement).

 

Le public conquis ne s'y est pas trompé. Il ne pourra qu'encourager l'orchestre de l'Opéra National de Paris à nous proposer à l'avenir sur scène plus de superbes soirées.

 

Matthieu Arnaud
pour La Revue du Corniste.

Date: 
mer, 30/01/2019